Verdure résidentielle et santé mentale de l’enfant : résultats de la cohorte ELFE
Plusieurs travaux suggèrent que vivre dans un environnement plus vert est associé à une meilleure santé mentale chez les enfants. La verdure pourrait favoriser le calme, réduire le stress, encourager le jeu et l’activité physique, et offrir des occasions de contacts sociaux. Elle pourrait aussi atténuer certaines nuisances urbaines comme le bruit ou la pollution de l’air. De plus, on sait encore mal si tous les enfants bénéficient de la même manière de la verdure. Il est possible que les effets soient plus marqués chez les enfants issus de familles défavorisées, pour qui l’environnement proche joue un rôle plus central dans la vie quotidienne.
Dans ce contexte, cette étude s’appuyait sur une large cohorte d’enfants nés en France. Elle visait à examiner comment l’évolution de la verdure autour du domicile est liée aux difficultés émotionnelles et comportementales des enfants, et à déterminer si ces associations varient selon le niveau de revenu des familles.
Cette étude a révélé que les enfants ayant été davantage exposés à la verdure résidentielle entre leur naissance et l'âge de 5 ans présentaient moins de problèmes d'intériorisation, en particulier moins de problèmes relationnels avec les autres enfants, selon les observations de leurs parents et enseignants. Il est à noter que ces associations n'étaient observées que chez les enfants issus de familles à faibles revenus, aucune tendance claire n'ayant été observée chez les familles à revenus élevés. Par ailleurs, une verdure plus importante était également associée à des niveaux plus élevés d'hyperactivité/inattention signalés par les parents, alors qu'aucune tendance cohérente ou significative n'a été observée dans les rapports des enseignants.
Ces résultats suggèrent que les niveaux d'exposition des enfants à la verdure résidentielle sont associés à des difficultés psychologiques et justifient la réplication dans d’autres études.