Trois millions d’hospitalisations analysées pour documenter l’impact de la pandémie de COVID-19.
Une étude nationale récente analyse l’évolution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque aiguë (ICA) en France entre 2013 et 2024, à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS). Au total, près de 3 millions d’hospitalisations ont été étudiées afin d’évaluer l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la prise en charge hospitalière et la mortalité intra-hospitalière.
En comparant les observations des années 2020 à 2024 aux tendances attendues à partir de la période pré-pandémique (2013-2019), les auteurs mettent en évidence une baisse importante et persistante des hospitalisations pour ICA. Sur l’ensemble de la période 2020-2024, plus de 222 000 hospitalisations en moins ont été estimées, soit une diminution de 16 % par rapport aux tendances attendues.
Parallèlement, une augmentation de la mortalité intra-hospitalière a été observée, avec environ 7 800 décès supplémentaires sur la même période (+8,4 %). Les résultats suggèrent également un impact plus marqué chez les femmes.
Au-delà de ces résultats cliniques, cette étude illustre l’intérêt majeur des grandes bases de données médico-administratives pour documenter les effets à long terme des crises sanitaires sur les systèmes de soins. Grâce à l’exhaustivité et au suivi longitudinal du SNDS, il devient possible d’analyser à grande échelle l’évolution des pratiques, des hospitalisations et des résultats de santé dans la population.
Ces travaux soulignent ainsi le rôle clé des données en vie réelle pour comprendre les conséquences durables de la pandémie et orienter les stratégies de santé publique face aux futures crises sanitaires.